Le musée

Le Musée de l'accident

Le Musée de l'accident est consacré à l'accidens, ce qui arrive selon le terme socratique, en ayant recours aux sciences, à la philosophie, l'architecture et les arts les plus expérimentaux et les plus stimulants d'aujourd'hui.
Fondé en 2004 par Paul Virilio, c'est le premier centre artistique au monde consacré  à l'accident.

Je voudrais maintenant signaler une étrange coïn­cidence entre l’apparition, il y a quelque quatre cents ans, de la CHAMBRE DES MERVEILLES et l’émergence de la CHAMBRE DES CATASTROPHES.
Alors que la chambre des merveilles surgit, au XVIe siècle, dans un monde qui s’entrouvre grâce aux conquêtes maritimes et découvre l’exotisme sous toutes ses formes, notamment avec les cabinets de curiosités du XVIIe siècle, l’ouverture prochaine du MUSÉE DE L’ACCIDENT est contemporaine d’un monde qui s’enferme, se clôt sur lui-même, pour s’occuper, au XXIe siècle, de l’endotisme écologique, en attendant les prémices d’une eschatologie dont la démocratie devra demain tenir compte, sous peine de disparaî­tre devant la menace d’une nouvelle tyrannie, la TYRAN­NIE DU TEMPS RÉEL, cet« accident du Temps» d’une instantanéité, fruit d’un Progrès technique politique­ment non maîtrisé.
Paul Virilio, Ville panique (2004)

Mission du Musée de l'accident

Le Musée de l’Accident est le premier grand centre à but non lucratif au monde consacré à l’accident contemporain. Reconnu pour sa pensée alternative, le Musée de l’Accident se distingue des autres grands musées par son approche particulière de ses collections en constitution et l’implication directe des concepteurs, penseurs et artistes dans sa muséographie. Fonctionnant comme un lieu de rencontre vivant et actif pour le grand public, le Musée de l’Accident est un catalyseur d’idées, de discours et de nouvelles tendances.
Il faut regarder la méduse en face, faire reculer l’interdit de la tragédie qui pèse sur nos sociétés. Les artistes sont les mieux placés pour faire sentir la dimension tragique du progrès. Posant la question de l’inattendu, de l’inattention aux risques majeurs, un parcours artistique de ce type rend hommage au discernement, à l’intelligence préventive, qu’elle soit philosophique ou scientifique. […] aujourd’hui, ce qui se conserve, avec la télévision, se réduit à l’instant événement. Il s’agit, au contraire, de retirer aux médias cette dimension voyeuriste spectaculaire, cet effet de choc, cette surexposition à l’effroi, sur lesquels ils jouent en permanence en tablant sur la synchronisation des émotions collectives. Le musée de l’accident sera le contrepoint des excès de toutes sortes dont ils nous abreuvent quotidiennement.
Exposer l’accident pour ne plus y être exposé
Journal L’Humanité, samedi 14 décembre 2002, entretien de Paul Virilio réalisé par Magali Jauffret

Le Musée de l’Accident se consacre à la production, à la présentation, à l’interprétation et à la diffusion des œuvres de penseurs et d’artistes novateurs dans toutes les disciplines, en encourageant la créativité et l’exploration artistique autour de la notion d’accident. Ses programmes reflètent la nature complexe de cette problématique mondiale, servent un public diversifié et stimulent le discours sur notre temps. Les expositions, présentations, activités éducatives, programmes de résidence et publications du Musée de l’Accident examinent la nature dynamique et provocante de l’accident. Il s’attache notamment à reconnaître le travail des auteurs émergents et à envisager des voies alternatives.

Le nouveau musée est en cours de conception par l’architecte Hala Wardé. Sa première pierre a été posée le jeudi 1er avril 2021 au large de La Rochelle alors qu’aucun plan n’a encore été établi puisque le musée intègre sa propre contradiction, son accident interne.

Le musée de l’accident existe, je l’ai rencontré - c’est un écran de télé.
Paul Virilio, Un paysage d’évènements (1996)

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